Germe (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle. Emprunté du latin germen, « , bourgeon, rejeton, descendance ».
1. Rudiment de tout être organisé, végétal ou animal. Le d'un œuf de poule, se dit couramment de la cicatricule. Spécialt. Plantule issue d'une graine et, par ext., première pousse d'une graine, d'un tubercule, d'un oignon. Germe de blé, de soja. Les s d'une pomme de terre. Ébauche d'une structure anatomique. Le d'une dent. Par anal. Petit cristal qui permet de déclencher une cristallisation rapide dans un liquide en surfusion.
2. Tout microorganisme pouvant provoquer une maladie. Pasteur a démontré l'existence de s microbiens. Contracter les s d'une maladie. Éliminer les s par stérilisation. Individu porteur de s.
3. Fig. Ce qui est le principe, la cause, l'origine, le ferment de quelque chose. Un de division, de querelle. Répandre, semer les s de la discorde. L'observation de l'effet bactéricide du pénicillium fut le d'une grande découverte. Loc. En , se dit de ce qui est à l'état latent, prêt à se développer, de ce qui constitue une cause lointaine. Ce premier recueil contient en tout l'œuvre du poète. Le traité de Versailles portait en la Deuxième Guerre mondiale.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 


Physiologie et d'Histoire naturelle
Rudiment de tout être organisé, végétal ou animal. "Féconder un ."
"Le d'un oeuf," se dit, communément, de la Partie compacte et glaireuse qui se trouve dans l'oeuf.
Il se dit, en termes de Botanique, pour l'Ovaire, la partie de la fleur qui devient le fruit lorsque la fécondation s'est opérée. "Le est ordinairement à la partie inférieure du pistil."
Il désigne aussi, surtout dans le langage ordinaire, la Partie de la semence dont se forme la plante. "Le du blé. Le du gland, de l'amande, etc."
Il se dit également de la Partie d'une racine bulbeuse ou tubéreuse qui produit une nouvelle plante. "Le d'un oignon. Une pomme de terre a ordinairement plusieurs germes."
Il se prend encore pour cette Première pointe qui sort d'une graine, d'une bulbe, etc., lorsqu'elle commence à pousser. "Les fourmis rongent le du blé."
Il se dit figurément de Ce qui est le principe, la cause, l'origine de quelque chose. "Contracter le d'une maladie." Fig., "Un de division, de querelle. Ces s de rébellion couvaient depuis longtemps. Le d'une grande oeuvre. Étouffer le mal dans son ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Premier rudiment d'un nouvel être végétal, qui apparaît dans l'ovaire par le fait de la fécondation.
VOLT.: « Son haleine [de la Discorde] en cent lieux répand l'aridité ; Le fruit meurt en naissant dans son infecté »
BONNET: « Ce que la graine et le sont à la plante, l'oeuf et l'embryon le sont à l'animal »

 2   En général, premier rudiment de tout être organisé, végétal ou animal, apparaissant dans l'ovule fécondé.
VOLT.: « Né d'un venu d'un autre , y a-t-il eu une succession continuelle, un développement sans fin de ces s ? »
BONNET: « Le existait-il déjà dans la graine ou dans l'oeuf avant la fécondation ? la poussière des étamines ou la liqueur que le mâle fournit n'est-elle que le principe de son développement ? »
BONNET: « Je vois les siècles s'entasser les uns sur les autres, les générations s'accumuler comme les flots de la mer, sans que le nombre des s employés à les fournir diminue d'une manière sensible la masse organique qu'ils composent »
    Préexistence des s, système sur la fécondation d'après lequel le , dans la graine ou dans l'oeuf, est le végétal ou l'animal en petit, la fécondation ne faisant que commencer l'accroissement des parties préexistantes : système aujourd'hui abandonné pour celui de l'épigenèse.
BONNET: « Si le préexiste tout entier à la fécondation, ce que nous nommons génération n'en est point une ; mais ce n'est que le commencement d'une évolution, qui amènera peu à peu au grand jour des parties cachées auparavant dans une nuit impénétrable »
BONNET: « Je ne saurais me résoudre à abandonner une aussi belle théorie que l'est celle des s préexistants pour embrasser des explications purement mécaniques »
BONNET: « Il prétend s'étayer du grand Leibnitz, et personne n'ignore que cet illustre métaphysicien était un des plus zélés partisans du système des s »
    Emboîtement des s, hypothèse suivant laquelle la première femelle de chaque espèce contient le de tous les individus qui viendront successivement à la vie : hypothèse abandonnée aussi pour le système de l'épigenèse.
    Faux , matière informe qui provient d'une conception défectueuse. Cette femme est accouchée d'un faux .

 3   Dans le langage ordinaire, la partie de la semence dont se forme la plante. Le du blé.
    La partie d'une racine bulbeuse ou tubéreuse qui produit une nouvelle plante. Le d'un oignon. ôter les s des pommes de terre.
    La première pointe qui sort d'une graine, d'une bulbe, etc. Les fourmis rongent le du blé.

 4   Nom donné vulgairement à la cicatricule de l'oeuf d'oiseau.

 5   Il se dit du rudiment de certaines parties organiques. Les s des dents.
BONNET: « Si l'on admet des s particuliers pour la production des dents, pourquoi refuserait-on d'en admettre pour la production de parties beaucoup plus composées, et dont la formation répugne encore davantage aux explications mécaniques ? »
    Le d'une maladie, les premières altérations qui disposent à la maladie ou qui la commencent.
J. J. ROUSS.: « J'apportai le d'une incommodité que les ans ont renforcée »
    Terme de vétérinaire. Germe de fève, tache noire formée par la matière que contient le cul-de-sac externe des incisives du cheval.

 6   Fig. Le principe, la cause originelle de certaines choses.
BOSSUET: « La pensée que nous sentons naître comme le de notre esprit, comme le fils de notre intelligence, nous donne quelque idée du fils de Dieu conçu éternellement dans l'intelligence du père céleste »
VOLT.: « Qui croirait que le de Pyrrhus et d'Andromaque est dans Pertharite [tragédie de Corneille] ? qui croirait que Racine en ait pris les sentiments, les vers même ? »
J. J. ROUSS.: « Homme prudent, épiez longtemps la nature, observez bien votre élève avant de lui dire le premier mot ; laissez d'abord le de son caractère en pleine liberté de se montrer »
BONNET: « Un grand fonds d'imagination et un penchant marqué pour l'harmonie sont le du poëte »
    Les s du chaos, les s que contenait le chaos.
LAMART.: « Lorsque du créateur la parole féconde Dans une heure fatale eut enfanté le monde Des s du chaos »
    Au moral. Le des vertus.
MASS.: « Changer en de péché le fruit de la pénitence »
DUCLOS: « Il est certain que le passage de la succession de Bourgogne dans la maison d'Autriche a été, pendant plus de deux siècles, le principe d'une guerre presque continuelle, dont le n'est pas encore détruit »
J. J. ROUSS.: « S'il reste parmi vous le moindre d'aigreur ou de défiance, hâtez-vous de le détruire »
    En , à l'état caché et prêt à se développer. Ces dissensions étaient en .

 7   Terme d'alchimie. Le mercure.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Liber psalm. p. 241: E ne sera es vignes
    XIVème siècle
     Nat. à l'alch. err. 63: Cil est à toy necessaire, Comme à moy mesme pour tout faire
    XVIème siècle
PARÉ: « Les moles et faux s, et autres choses monstrueuses »
AMYOT: « Tydeus a engendré de son Un fils qui n'a comme luy le coeur ferme »
MONT.: « [Les fourmis] rongent le bout [du grain de blé] par où le a coustume de sortir »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, gerne, gernon ; picard, germion ; wallon, germon ; namur. jaurnon ; Hainaut, gerne, gernon, jarnon ; provenç. , germ ; espagn. n ; ital. ; du latin n, pour gerbmen, la chose conçue, radical sanscrit grabh, garbh, concevoir.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit quelquefois, en Botanique, pour L'ovaire, la partie de la fleur qui devient le fruit lorsque la fécondation s'est opérée. "Le est ordinairement à la partie inférieure du pistil."
Il signifie aussi, surtout dans le langage ordinaire, La partie de la semence dont se forme la plante. "Le du blé. Le du gland, de l'amande, etc."
Il se dit également de La partie d'une racine bulbeuse ou tubéreuse qui produit une nouvelle plante. "Le d'un oignon. Une pomme de terre a ordinairement plusieurs s."
Il se prend encore pour Cette première pointe qui sort d'une graine, d'une bulbe, etc., lorsqu'elle commence à pousser. "Les fourmis rongent le du blé."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se dit figurément de Ce qui est le principe, la cause, l'origine de quelque chose. "Développer les s de la vie. Il avait depuis longtemps en lui le de cette maladie. Apporter les s de la peste."
Il se dit pareillement Des choses morales. "Un de division, de procès, de querelle. Ces s de rébellion couvaient depuis longtemps. Le d'une grande pensée. Étouffer le des vices. Les s de la corruption. Faire éclore, développer le des vertus."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


La partie de la semence dont se forme la plante. "Le du blé. Le du gland, de l'amande, etc."
On appelle communément "Le d'un oeuf," Une certaine partie compacte et glaireuse qui se trouve dans l'oeuf.
Il se prend aussi pour Cette première pointe qui sort du grain, de l'amande, et autre semence dans les plantes, lorsqu'elles commencent à pousser. "Les fourmis rongent le du blé."
On appelle "Faux ," dans la femelle de l'animal, La matière informe qui provient d'une conception défectueuse. "Cette femme est accouchée d'un faux ."



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Germe, se prend figurément dans les choses morales, pour La semence et la cause de quelque chose. "Un de division, de procès, de querelle. Cet homme est si corrompu, qu'on ne distingue en lui aucun de vertu, d'humanité."



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



La partie de la semence dont se forme la plante. "Le du blé. Le du gland, de l'amande, &c."
On appelle communément "Le d'un oeuf," Une certaine partie compacte & glaireuse qui se trouve dans l'oeuf.
Il se prend aussi pour cette première pointe qui sort du grain, de l'amande, & autre semence dans les plantes, lorsqu'elles commencent à pousser. "Les fourmis rongent le du blé."
On appelle "Faux ," dans la femelle de l'animal, La matière informe qui provient d'une conception défectueuse. "Cette femme est accouchée d'un faux ."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se prend figurément dans les choses morales, pour La semence & la cause de quelque chose. "Un de division, de procès, de querelle."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)


GERMER, v. neutre. GERMINATION, s. fém. [1re "ê" ouv. Dans le dernier, "tion" a le son de "cion", en vers, "ci-on".] "Germe" est, au propre, cette partie du grain ou de la semence qui pousse la première. '"Le du" blé, "du" gland, "de" l'amande. "Le d'un" oeuf. = Au "fig." semence, caûse. 'Un " de" procês, "de" querelle, etc. = "Germer", pousser le au dehors. 'Le blé commence à "Germer". = "Germination", terme de Botanique; premier dévelopement des parties contenûes dans le d' une semence. = * "Formey" dit, "germement", mot barbâre.
   REM. "Germe" et "germer" sont fort à la mode au figuré. On ne voit dans les écrits modernes, que "le " des talens, et des talens qui "germent"; et 'un génie qui nourrit, échaufe et "fait r les talens". THOMAS. Et ce qu'il y a d'admirable, c'est qu'ils sont nourris avant que de "germer". = On a dit depuis plus long-tems, que la parole de Dieu "a germé" dans un coeur, pour dire, qu'elle y a fructifié.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


La partie de la semence dont se forme la plante ou l'animal. "Le d'un oeuf. le du bled".
Il se prend aussi, Pour cette premiere pointe qui sort du grain, de l'amande & autre semence dans les plantes. "Les fourmis rongent le du bled".
On appelle, "Faux ," La matiere informe provenant d'une conception defectueuse. "Cette femme est accouchée d'un faux ".
Il se prend fig. pour la semence & la cause de quelque chose. "Un de division, de procez, de querelle".




Emplacement dans le dictionnaire :

germandrée
germandrée grande
germandrée petite
germanique
germanisant
germaniser
germanisme
germaniste
germanium

germé
germer
germinal
germinatif
germination
gérondif
géronte
gérontocratie
gérontocratique
gérousse
gersée




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...rude, plus simple et plus libre était la leur ? -évidemment, pour mettre au point tout ce que je viens de dire, il faudrait l'atténuer beaucoup, l'envelopper comme d'un voile blanc. Mais déjà le germe d'un trouble, d'une aspiration vers je ne sais quoi d'autre et d'inconnu, était planté dans ma petite tête ; en rentrant, avec mes gâteaux à la main, dans ce salon où on parlait si bas, il...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...à volonté sans qu'aucune obligation juridique liât les conjoints. En tout cas, nous connaissons un type familial qui est relativement proche de nous et où le mariage n'est encore qu'à l'état de germe indistinct : c'est la famille maternelle. Les relations de la mère avec ses enfants y sont très définies, mais celles des deux époux sont très lâches. Elles peuvent cesser dès que les parties le...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...ont pu traiter la question sans suivre cette méthode, c'est qu'ils ont tourné la difficulté. Ils ont éliminé du phénomène tout ce qu'il a de plus spécialement social pour n'en retenir que le germe psychologique dont il est le développement. Il est certain, en effet, que la solidarité, tout en étant un fait social au premier chef, dépend de notre organisme individuel. Pour qu'elle puisse...


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...des autres, et par conséquent ne seraient pas arrangées entre elles, qui, en un mot, serait dépourvue et de toute forme définie et de toute organisation. Ce serait le vrai protoplasme social, le germe d'où seraient sortis tous les types sociaux. Nous proposons d'appeler horde l'agrégat ainsi caractérisé. Il est vrai que l'on n'a pas encore, d'une manière tout à fait authentique, observé de société...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...sont données, il ne suit pas forcément qu'elles soient utilisées. Elles sont peu de chose, en somme, à côté des ressemblances que les hommes continuent à présenter entre eux ; ce n'est qu'un germe à peine distinct. Pour qu'il en résulte une spécialisation de l'activité, il faut qu'elles soient développées et organisées, et ce développement dépend évidemment d'autres causes que la variété des...


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